Réveil à 4h45 ⏰, mais l’agitation de certains de nos compagnons de chambrée nous avait déjà réveillés un peu avant. On se prépare à sortir dans la nuit noire affronter l’ascension du Piton des Neiges. Pas de sac pour Xavier et un sac très allégé pour Fabien, plus pratique pour transporter l’appareil photo reflex, l’eau et un coupe-vent. On se couvre bien avec 3 voire 4 couches car il paraît que la température au sommet est glaciale.
On s’élance donc à la frontale dans les pierres grises qui nous tiendront compagnie pendant 1h30 environ, sur 3 km avec 600m de dénivelé positif. À l’Est les premières lueurs rougeoyantes apparaissent au dessus des nuages. Xavier tient le coup un bon moment dans la montée (on double même certains randonneurs), mais finit par laisser Fabien partir en avant pour être sûr de ne pas rater le début du spectacle.

Arrivé en haut, le terrain se fait plus plat mais le vent froid est déchaîné… même avec les gants et le coupe-vent, doudoune, manches longues et sous-couche ça caille bien 🥶.
Il reste du temps avant le lever à 6h50, on a encore le loisir d’admirer le dégradé du bleu profond de la nuit étoilée à l’orange incandescent du soleil dissimulé sous une mer de nuages. Des pancartes en bois à disposition se prêtent au jeu de la photo souvenir que tout le monde fait… et nous aussi du coup 😅. Ce n’est pas tous les jours qu’on monte sur le plus haut sommet de l’océan Indien, à 3070m ⛰️😉 !



Enfin, l’heure approche et le soleil se prépare pour son entrée en scène. Un fin liseré vient souligner les nuages… juste au moment où l’appareil photo reflex se met en erreur, à cause du froid ou du vent 😱. Vite, voici la boule de feu qui apparaît 🌄 ! Les roches orangées sous nos pieds s’éclairent peu à peu, les nuages s’embrasent et le ciel s’illumine rapidement. C’est magnifique 🤩.
On en profite encore quelques minutes à l’abri des rochers avant de se décider à redescendre. Le terrain paraît étrangement plus difficile à la lumière du jour, mais heureusement plus rapide : il nous faudra une heure seulement pour revenir au point de départ.



Retour au gîte pour ranger nos affaires avant de lancer la vraie étape de cette journée qui nous emmène vers la Plaine des Cafres, jusque Bourg-Murat, sur 19 km avec près de 1200m de dénivelé négatif. On se disait que ça allait faire long… on avait déjà vu des blogs sur internet disant que c’était pénible… eh bien contre toute attente, ils avaient raison ! Quel enfer que cette descente ! 😰
Les premiers kilomètres sont essentiellement faits de pierres plus ou moins hautes entre d’infinis arbustes (les « branles »), le long du coteau Kervéguen. À part une ouverture vers Cilaos au début, peu de points de vue ou de points de repère, on a l’impression de faire du sur place. Tout se ressemble… est-ce un mauvais rêve ? Est-ce qu’on tourne en rond ? 😵💫



Après une première éternité, la végétation se transforme maintenant en une forêt humide où chaque pierre devient un piège glissant. On se fait surprendre à plusieurs reprises, la concentration et la proprioception sont maximales. Une seconde éternité passe et la végétation se fait beaucoup plus dense, mais l’humidité est toujours là. On en avait déjà marre, on monte encore d’un cran 😅.
Petite pause pour le repas du midi (assez light) sur de gros rochers, et on reprend… mais maintenant ça devient très boueux. De toute la journée on ne croisera que 3 autres randonneurs : un couple qui partageait notre dortoir au gîte et confirme que ce chemin « c’est bien de la 💩 » et une randonneuse étrangère déterminée qui fait le GR R2 en solo, en tente et en autonomie, avec qui on échangera quelques mots en anglais et une partie du trajet.



Enfin on finit par s’extirper de la forêt pour surgir dans un paysage de plaines et pâturages inattendu, qui pourrait rappeler nombre de campagnes de métropole : c’est la Plaine des Cafres. On passe à côté de vaches et d’exploitations agricoles, ça change 🐄 ! À partir d’ici le terrain devient enfin plus facile, on progresse plus vite mais il reste pas mal de kilomètres.
Après une dernière ligne droite, le chemin rejoint une route et il faut encore marcher 4 km sur le bitume pour atteindre notre destination. On en a plein les jambes, les pieds chauffent, on en a franchement marre… il est temps que cette journée se termine 😫.



Bourg-Murat approche enfin. On passe d’abord à une supérette Marhaba faire le plein pour préparer les prochains en-cas du midi, et se faire plaisir avec des samoussas et une tartelette coco. Puis à quelques centaines de mètres on rejoint enfin notre logement pour la nuit, le Gîte Hydrangea 974. Il est spacieux, moderne et confortable, et nous y serons les seuls dans notre chambre avec 2 lits simples. Notre hôte Stéphane est très accueillant, et nous confirme que les randonneurs se font rares ces temps-ci…
Après une bonne douche et un peu de repos, le dîner nous est apporté sur un plateau avec une belle salade composée en entrée, du poulet ou des protéines de soja aux légumes, et les traditionnels riz, haricots rouges et rougail. Sans oublier le dessert nappé de chocolat. C’était délicieux et réconfortant, le meilleur repas du séjour 😋👍. On recommande.





Après cette journée éprouvante (près de 26 km dans les pattes !), place maintenant au repos bien mérité. La journée de demain nous amènera au pied du Piton de la Fournaise. 🌋 ➡️
+ d’infos
Piton des Neiges
↔️ Longueur : 6,51 km
↗️ D+ : 618 m / ↘️ D- : 629 m
⏱️ Durée : 3h10 (avec les pauses)
Étape du jour
↔️ Longueur : 19,63 km
↗️ D+ : 389 m / ↘️ D- : 1269 m
⏱️ Durée : 8h00 (avec les pauses)
Carte interactive
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