Auteur/autrice : Fabien

  • Jour 09 : Bourg-Murat au Gîte du Volcan

    Réveil à 7 heures au Gîte Hydrangea 974 à Bourg-Murat. Le petit déjeuner nous est servi dans la cuisine, quel confort ! Pain aux graines, confitures et chocolat, assiette de fruits frais… ça fait plaisir 😋 ! On prend le temps et on se met en route vers 8h.

    L’étape du jour s’annonce relativement longue et toute en montée, avec 18 km et 1000m de dénivelé positif. Et pourtant, on se rend vite compte qu’elle n’aura rien à voir avec celle d’hier : le terrain est beaucoup plus roulant, on peut marcher d’un bon pas même s’il y a des passages plus pentus. On longe les pâturages pendant longtemps, avec derrière nous une belle vue sur la Plaine des Cafres et le Piton des Neiges en arrière-plan.

    À mesure que l’altitude augmente, les branles gagnent à nouveau du terrain jusqu’à rester la seule végétation visible à perte de vue. À chaque fois qu’on pense passer un col, on se retrouve… exactement dans le même décor. Le cauchemar recommence 😱 ! On se rendra compte trop tard qu’on s’est trompé à un embranchement, en suivant une trace GPS qui n’était pas le GR R2. Du coup on n’est pas passé par les « Trous Blancs » ni le coteau du Nez de Bœuf… tant pis 🤷‍♂️.

    Au niveau du Piton Textor on finit par rattraper le parcours officiel, qui croise régulièrement la route. Le soleil tape fort et il n’y a plus d’arbres pour faire de l’ombre… on se dira un peu tard (et un peu cramés) qu’on aurait dû mettre de la crème solaire.

    Au bout de la dernière montée, en arrivant à l’Oratoire Sainte-Thérèse, le paysage s’ouvre enfin avec à notre gauche l’immense canyon du Fond de la rivière de l’Est, et devant nous celui qu’on attendait : le Piton de la Fournaise 🌋. « Le Mordor, Gandalf, c’est à gauche à droite ? » Là c’est tout droit 😁.

    Mais avant de l’atteindre, il reste encore à franchir la Plaine des Sables. Ici la végétation est quasiment inexistante, le minéral a gagné la bataille… c’est le désert, on se croirait sur une autre planète. Rejoints par le couple de randonneurs rencontrés au gîte du Piton des Neiges, on finira l’étape ensemble en échangeant avec eux sur leur vie d’expatriés à la Réunion, lui coach sportif en reconversion, elle militaire. Le rythme est soutenu mais la compagnie bienvenue, on a croisé si peu de randonneurs jusque là.

    Ils connaissent le site du volcan, aussi nous emmènent-ils jusqu’au snack du Pas de Bellecombe, où nous dégusterons d’excellentes crêpes 😋. On retrouve aussi par hasard la randonneuse solo étrangère avec qui nous avions partagé un bout de chemin la veille. Cette aventurière cherchera encore un endroit où bivouaquer avec sa tente, on admire son courage et sa ténacité.

    Finalement, on rejoint le Gîte du Volcan à quelques minutes de là. Rien à voir avec celui du Piton des Neiges : ici c’est moderne, on se croirait dans un hôtel. Après la douche, on se pose en terrasse pour voir les derniers rayons de soleil se coucher derrière les hauteurs alors que les nuages tapissent l’horizon. Le repas est servi à 19h avec entrée/plat/dessert sous forme de buffet, c’est très correct et il y a de quoi faire pour les végétariens 👌.

    On retrouve ensuite notre dortoir de 6 personnes, lui aussi moderne avec des petites lampes individuelles et des étagères intégrées dans les lits pour poser ses affaires. Quel luxe ! La nuit devrait être bonne. Demain on se lance à l’assaut du volcan 🌋 ! ➡️

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  • Jour 08 : Gîte du Piton des Neiges à Bourg-Murat

    Réveil à 4h45 ⏰🫩, mais l’agitation de certains de nos compagnons de chambrée nous avait déjà réveillés un peu avant. On se prépare à sortir dans la nuit noire affronter l’ascension du Piton des Neiges. Pas de sac pour Xavier et un sac très allégé pour Fabien, plus pratique pour transporter l’appareil photo reflex, l’eau et un coupe-vent. On se couvre bien avec 3 voire 4 couches car il paraît que la température au sommet est glaciale.

    On s’élance donc à la frontale dans les pierres grises qui nous tiendront compagnie pendant 1h30 environ, sur 3 km avec 600m de dénivelé positif. À l’Est les premières lueurs rougeoyantes apparaissent au dessus des nuages. Xavier tient le coup un bon moment dans la montée (on double même certains randonneurs), mais finit par laisser Fabien partir en avant pour être sûr de ne pas rater le début du spectacle.

    Arrivé en haut, le terrain se fait plus plat mais le vent froid est déchaîné… même avec les gants et le coupe-vent, doudoune, manches longues et sous-couche ça caille bien 🥶.

    Il reste du temps avant le lever à 6h50, on a encore le loisir d’admirer le dégradé du bleu profond de la nuit étoilée à l’orange incandescent du soleil dissimulé sous une mer de nuages. Des pancartes en bois à disposition se prêtent au jeu de la photo souvenir que tout le monde fait… et nous aussi du coup 😅. Ce n’est pas tous les jours qu’on monte sur le plus haut sommet de l’océan Indien, à 3070m ⛰️😉 !

    Enfin, l’heure approche et le soleil se prépare pour son entrée en scène. Un fin liseré vient souligner les nuages… juste au moment où l’appareil photo reflex se met en erreur, à cause du froid ou du vent 😱. Vite, voici la boule de feu qui apparaît 🌄 ! Les roches orangées sous nos pieds s’éclairent peu à peu, les nuages s’embrasent et le ciel s’illumine rapidement. C’est magnifique 🤩.

    On en profite encore quelques minutes à l’abri des rochers avant de se décider à redescendre. Le terrain paraît étrangement plus difficile à la lumière du jour, mais heureusement plus rapide : il nous faudra une heure seulement pour revenir au point de départ.

    Retour au gîte pour ranger nos affaires avant de lancer la vraie étape de cette journée qui nous emmène vers la Plaine des Cafres, jusque Bourg-Murat, sur 19 km avec près de 1200m de dénivelé négatif. On se disait que ça allait faire long… on avait déjà vu des blogs sur internet disant que c’était pénible… eh bien contre toute attente, ils avaient raison ! Quel enfer que cette descente ! 😰

    Les premiers kilomètres sont essentiellement faits de pierres plus ou moins hautes entre d’infinis arbustes (les « branles »), le long du coteau Kervéguen. À part une ouverture vers Cilaos au début, peu de points de vue ou de points de repère, on a l’impression de faire du sur place. Tout se ressemble… est-ce un mauvais rêve ? Est-ce qu’on tourne en rond ? 😵‍💫

    Après une première éternité, la végétation se transforme maintenant en une forêt humide où chaque pierre devient un piège glissant. On se fait surprendre à plusieurs reprises, la concentration et la proprioception sont maximales. Une seconde éternité passe et la végétation se fait beaucoup plus dense, mais l’humidité est toujours là. On en avait déjà marre, on monte encore d’un cran 😅.

    Petite pause pour le repas du midi (assez light) sur de gros rochers, et on reprend… mais maintenant ça devient très boueux. De toute la journée on ne croisera que 3 autres randonneurs : un couple qui partageait notre dortoir au gîte et confirme que ce chemin « c’est bien de la 💩 » et une randonneuse étrangère déterminée qui fait le GR R2 en solo, en tente et en autonomie, avec qui on échangera quelques mots en anglais et une partie du trajet.

    Enfin on finit par s’extirper de la forêt pour surgir dans un paysage de plaines et pâturages inattendu, qui pourrait rappeler nombre de campagnes de métropole : c’est la Plaine des Cafres. On passe à côté de vaches et d’exploitations agricoles, ça change 🐄 ! À partir d’ici le terrain devient enfin plus facile, on progresse plus vite mais il reste pas mal de kilomètres.

    Après une dernière ligne droite, le chemin rejoint une route et il faut encore marcher 4 km sur le bitume pour atteindre notre destination. On en a plein les jambes, les pieds chauffent, on en a franchement marre… il est temps que cette journée se termine 😫.

    Bourg-Murat approche enfin. On passe d’abord à une supérette Marhaba faire le plein pour préparer les prochains en-cas du midi, et se faire plaisir avec des samoussas et une tartelette coco. Puis à quelques centaines de mètres on rejoint enfin notre logement pour la nuit, le Gîte Hydrangea 974. Il est spacieux, moderne et confortable, et nous y serons les seuls dans notre chambre avec 2 lits simples. Notre hôte Stéphane est très accueillant, et nous confirme que les randonneurs se font rares ces temps-ci…

    Après une bonne douche et un peu de repos, le dîner nous est apporté sur un plateau avec une belle salade composée en entrée, du poulet ou des protéines de soja aux légumes, et les traditionnels riz, haricots rouges et rougail. Sans oublier le dessert nappé de chocolat. C’était délicieux et réconfortant, le meilleur repas du séjour 😋👍. On recommande.

    Après cette journée éprouvante (près de 26 km dans les pattes !), place maintenant au repos bien mérité. La journée de demain nous amènera au pied du Piton de la Fournaise. 🌋 ➡️

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  • Jour 07 : Cilaos au Gîte du Piton des Neiges

    Réveil à 7h15 ce matin, on a dormi près de 9 heures ! Sans la tente, le rangement est plus rapide que d’habitude. Une fois prêts on commence vers 8h par acheter de délicieuses viennoiseries à la Boulangerie du Cirque en haut de la rue : patte d’ours au chocolat, pain au chocolat-banane ou encore torsade au chocolat 😋.

    Avant de vraiment commencer l’étape, on visite un peu Cilaos en prenant des rues au hasard jusque la Mare à Joncs. La température est très froide 🥶 l’herbe est même gelée par endroits.

    Le tracé du jour ne fait « que » 10 km, divisés en 2 parties : une première montée relativement facile par la Roche Merveilleuse jusqu’au parking du « Bloc », puis l’ascension de ce fameux Bloc qui fait 1000m de dénivelé positif… autrement dit : un kilomètre vertical. À peine commence-t-on à l’attaquer que l’on croise un couple de randonneurs du gîte de la veille qui redescend. Ils étaient partis à 1h du matin voir le lever de soleil au sommet du Piton des Neiges, dans le noir et le froid… bravo à eux 💪. Les quelques autres courageux qui ont tenté la même expérience semblent au bout de leur vie 😅. Pour nous ça sera demain.

    Cette ascension sera néanmoins la véritable épreuve du jour : une montée interminable à l’ombre de la végétation, faite de pierres et de marches, avec une pente moyenne de 20%. Les points de vue réguliers sur le cirque de Cilaos sont superbes, mais ne font pas oublier la difficulté pour autant.

    Vers midi on tombe sur une aire de pique-nique providentielle pour prendre le repas, et les petits oiseaux tec-tec qui s’approchent n’en perdent pas une miette. Les deux jeunes randonneurs en tente que l’on avait déjà vus à l’îlet des Orangers et à Marla nous y rattrapent… décidément ce sont toujours les mêmes que l’on croise sur ce GR ! 😄

    Enfin, après d’ultimes efforts, on arrive à bout du Bloc avec soulagement tandis que le gîte du Piton des Neiges (aussi appelé refuge de la Caverne Dufour) apparaît de l’autre côté de la montagne. Le paysage change radicalement : plus d’arbres, seulement de petits arbustes nommés les « branles ». Il est encore assez tôt – 14h30 – et le gîte n’ouvre qu’à 15h, alors on se repose au soleil en faisant sécher les vêtements. Au loin, le Piton de la Fournaise sort la tête des nuages 🌋.

    On prend ensuite place dans notre dortoir du jour : on y sera 9 (et il y en a d’autres), il y a du monde ici ! Attention, pas d’eau courante donc pas de douche ni de moyen de remplir les réserves, il faut prévoir à l’avance… mais des boissons sont tout de même vendues sur place. Et on est à 2400m d’altitude : il fait froid 🥶 ! Bien qu’il y ait des couvertures (pas très propres), on préfère sortir nos duvets. Le gîte est clairement fatigué et aurait besoin d’être modernisé 🙄.

    Alors que le soleil se couche sur les nuages et le Piton de la Fournaise au loin, on attend patiemment le repas qui sera servi à 18h30. On reste sur les classiques : riz, grains, rougail saucisses et rougail colin (mais pas d’alternative pour les végétariens), compote en dessert… pour une fois c’est assez basique et moyen, mais ça nourrit 🤷‍♂️. Nos voisins de tablée sont autrichien 🇦🇹 et belge 🇧🇪 ; on échangera pas mal avec ce dernier qui a également fait le GR20 l’année précédente. Le souvenir traumatique des « cailloux » est partagé 🪨😂.

    Enfin, on se couche dans notre dortoir vers 20h. Objectif : partir à 5h pour voir le lever de soleil depuis le Piton des Neiges. ➡️

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  • Jour 06 : Marla à Cilaos

    La nuit à Marla a été glaciale 🥶 difficile de se motiver à sortir du duvet pour ranger la tente et le sac. Une fois n’est pas coutume, on prend le petit déjeuner au gîte, on a un peu plus de temps aujourd’hui. Pain chaud, café/thé/chocolat, confiture et jus d’orange pour bien démarrer la journée 🥐☕.

    Vers 7h40 on se lance dans la seule vraie ascension de la journée, celle qui nous fera franchir le col du Taïbit et marquera la fin du cirque de Mafate. Alors que le soleil gagne du terrain et nous de la hauteur, on prend le temps d’observer ce qui a été notre terrain de jeu ces derniers jours. Quel décor de rêve 🤩 ! Arrivé au col, Fabien escalade encore un peu pour avoir la meilleure vue… mais pas la peine de se donner tant de mal : un autre promontoire juste avant le col est tout aussi beau. Avec déjà un peu de nostalgie, on contemple une dernière fois ce somptueux écrin de verdure qui nous a tant plu 🥲.

    L’autre côté n’est pas mal non plus : Cilaos se découvre sur un plateau à gauche, tandis qu’à droite la vue porte jusqu’à la mer. La température chute d’ailleurs brusquement, mais le couvert des arbres nous en protègera rapidement.

    Et là c’est le début d’une loooongue descente de 1400m de dénivelé négatif, qui offre régulièrement de très beaux points de vue mais sollicite beaucoup les jambes. Un passage par l’îlet des Salazes permet de contempler tout le cirque de Cilaos jusqu’à la mer. Une tisanerie à l’entrée aurait pu nous désaltérer, hélas elle était à sec et fermée (c’est la deuxième fois que ça arrive, zut ! 😓).

    Peu après avoir traversé la route départementale, on tombe sur une petite rivière à l’ombre où on se pose tranquillement pour déjeuner… mais faute de ravitaillement hier on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent 😅. Puis on reprend encore cette descente interminable.

    Heureusement, une fois arrivé tout en bas, la cascade du Bras Rouge nous permet de faire une pause fraîcheur en trempant nos jambes fatiguées dans l’eau glacée… c’en est même douloureux au début 🥶. De petits oiseaux tec-tec viennent tout près de nous, et comme souvent ils sont peu farouches. On y reste un moment pour se reposer et profiter du calme. En repartant, un belvédère permet d’admirer la cascade qui se jette presque à l’horizontale dans le vide avec une force impressionnante.

    La dernière ascension nous rapproche de Cilaos. On remarque tout de suite que le profil des randonneurs rencontrés change : familles, ados, retraités… on fait presque tâche avec nos gros sacs 😅. Il nous faudra plus d’une heure pour en finir et rejoindre… un parking près de l’église. Le retour à la civilisation est brutal : voitures, motos, routes, snacks et magasins : on est en ville.

    On se pose d’abord pour prendre un verre, des samoussas et une crêpe en terrasse, avant de faire quelques courses au Leader Price sur la route principale. Dans le prolongement on repère des restos pour le soir et une boulangerie pour le matin, juste en haut de la rue de notre gîte.

    On rejoint alors le Gîte de la Chapelle : c’est une maison bleue adossée à la colline, on y vient à pied, on ne frappe pas… 🎶 il suffit d’appeler la personne qui s’en occupe pour signaler notre arrivée. Nous avons opté pour le dortoir de 4 couchages (2 lits superposés) où nous sommes les premiers. Mickaël, un autre randonneur un peu plus âgé mais très sympa nous y rejoindra sous peu. Douche et lessive faites, on profite de la salle commune pour faire des parties d’échecs en grignotant des chips et des cacahuètes (cette fois c’est Xavier qui gagne 😉).

    Pour le repas du soir on descend en ville à 5 minutes pour dîner à la Marmite du Cap. Xavier prend un traditionnel rougail saucisses, Fabien un « bol renversé » de légumes sautés (riz en dessous, légumes au dessus, œuf pour couronner le tout). C’est très copieux et à un prix très correct.

    De retour au gîte, on s’installe dans de vrais lits sous un vrai toit pour la première fois depuis le début de cette aventure. Un peu de confort ça fait du bien 😌. Et comme on n’a pas de tente à replier et que l’étape de demain est plus courte, on peut se permettre de dormir plus longtemps !

    À mi-parcours c’est bien mérité et ça sera utile : demain on attaque l’ascension du Bloc vers le Piton des Neiges ! ➡️

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  • Jour 05 : Îlet des Orangers à Marla

    Réveil à 6h, prêts à partir à 7h, on s’améliore ! Bon Xavier a triché, il n’avait pas de tente à replier lui 🙄 mais il a eu un peu froid malgré les couvertures. Aujourd’hui direction Marla, avec d’abord une étape vers Roche Plate.

    La première et plus grosse montée de la journée commence rapidement après l’îlet des Orangers, au cœur d’une végétation toujours aussi luxuriante et saturée de vert. On franchit parfois de courts passages de grosses pierres qui nous rappellent des souvenirs du GR20, ce ne seront pas les seuls de la journée.

    Le soleil se lève sur les gigantesques montagnes qui nous entourent, et dans les hauteurs de nombreuses bibes (les araignées tigrées locales) se détachent sur le fond de ciel bleu. Comme toujours, elles attendent sagement la proie qui viendra s’écraser dans leur toile alliant science de l’architecture et finesse de la dentelle. Il n’est pas rare qu’elle ne tienne littéralement qu’à un fil, particulièrement solide 🕷️🕸️.

    Au bout de 1h30 environ, le passage du col de la Brèche nous dévoile un nouveau paysage éblouissant vers la partie sud de Mafate qui s’étend jusque Marla. On fait une pause (et des poses) pour les photos, c’est magnifique sous ce soleil radieux ☀️.

    S’en suit une belle descente vers Roche Plate, qui nous amène au point de bifurcation avec le GR R3. Ici 2 choix possibles : continuer le R2 vers le centre de Roche Plate puis La Nouvelle, ou passer par le R3 via les Trois Roches. La première option comporte plus de dénivelé et passe par le plus grand îlet de Mafate, la seconde a un peu moins de dénivelé et permet de découvrir une rivière se jetant dans un gouffre immense… ce sera donc notre choix.

    Mais avant de se lancer, on a besoin de ravitaillement : on passe donc quand même dans Roche Plate pour acheter biscuits, chips, fruits secs et bananes à l’épicerie du gîte Hoareau. Pause petit déjeuner sur place, et on repart en arrière pour prendre le GR R3.

    Nouvelle montée importante sous le soleil, donc la chaleur… mais une fois passée, les points de vue sont encore très beaux, on ne s’en lasse pas ☺️. La prochaine descente nous rapproche du cours d’eau qui gronde en bas, signe que les Trois Roches ne doivent plus être loin. Au début de la montée qui y mène on avait l’espoir de trouver une tisanerie pour agrémenter le repas du midi, hélas elle est fermée à ce moment là 😭.

    Déception, mais de courte durée car on arrive aussitôt à la fameuse chute d’eau des Trois Roches. Ici la rivière coule sur une immense dalle rocheuse qui résiste à l’érosion, avant de se jeter brutalement dans un gouffre de 80m de haut en une immense cascade. On y prendra notre pause déjeuner à quelques mètres à l’ombre.

    Une fois la pause terminée, on doit traverser pour rejoindre la suite du parcours, mais à bonne distance du gouffre comme nous le conseille un randonneur habitué : les mousses et la dalle lisse rendent le fond très glissant, mieux vaut ne pas prendre de risque. Certains profiteront des eaux plus calmes (mais fraîches) en amont pour se baigner… pas nous 😅.

    Après un court passage de forêt, le paysage commence à changer pour devenir beaucoup plus minéral. D’immenses falaises nous surplombent, et leurs éboulis forment le terrain à nos pieds. C’est parfois lunaire et des passages dans des pierriers nous rappellent à nouveau le GR20.

    Il ne reste que de la montée vers Marla, à 1600m d’altitude. Cela fait déjà plus de 7h que l’on marche et la fatigue s’installe, ça paraît interminable 😩. Un traileur nous assure que la forêt arrive bientôt, on ne demande qu’à le croire… Soudain au détour d’un virage qui contourne la montagne, la végétation change du tout au tout : alors qu’elle était rare quelques mètres plus tôt, elle est de nouveau abondante et la forêt nous ouvre effectivement ses bras faits d’immenses pins. Ce n’est pas la première fois que l’on constate ce genre de changement de décor brutal, si dépaysant.

    Un ultime effort et on atteint enfin Marla 😮‍💨 ! On posera notre tente au gîte Mafate À Pat, un des premiers sur le chemin venant du GR R3. Après une rapide présentation des lieux, on s’installe sur deux beaux emplacements à la vue imprenable, quoique assez venteux. Les sacs allégés, on repart aussitôt vers le centre de Marla pour passer au snack « Chez Jimmy », une institution locale, pour profiter de quelques samoussas pour Xavier et d’un thé chaud pour Fabien… agrémentés de quelques biscuits achetés le matin, ça fait un bon petit goûter 😋.

    De retour à nos tentes on file prendre une douche chaude et moderne qui fait un bien fou. Comme il nous reste du temps avant le repas on s’installe à l’intérieur de la grande salle dans le coin salon pour disputer des parties d’échecs portatifs (gagnées par Fabien 😛).

    Enfin, le repas du soir est servi vers 19h. Cette fois nous ne sommes pas seuls car c’est aussi un gîte « en dur ». Une grande tablée familiale de 9 personnes et notre table de 4 se partagent le repas. Nous serons en bonne compagnie de 2 retraités avec qui on échange sur nos différents voyages. Après un ti punch (ou un jus de fruits), on retrouve le traditionnel plat de riz et lentilles, chouchou, rougail et boucané, ainsi qu’une part de gâteau ti’son en dessert. On ressort rassasiés.

    La nuit est tombée et le froid s’intensifie lorsqu’on regagne nos tentes, mais après cette longue journée le sommeil nous cueille aussitôt 😴. Demain marquera la fin de cette étape au cœur de Mafate, avec le passage du col du Taïbit pour rejoindre Cilaos. ➡️

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