Réveil à 5h30 ce matin 🥱. La nuit a été plutôt bonne, même si un coq a jugé bon de chanter dès 2h du matin… les boules Quies sont plus que recommandées en camping 😉. L’étape du jour va nous faire traverser Mafate d’Aurère à l’îlet des Orangers, en passant par de nombreux autres îlets, ces petits villages dispersés dans le cirque.
Vers 6h45, alors que le soleil se lève et que Fabien a enfin terminé de galérer à ranger/défaire/refaire 3 fois son sac (qui a dit « comme d’hab ? » 🙄), on se met en route vers Îlet à Malheur où nous avions l’intention de dormir à l’origine (mais le camping était fermé). En cette heure matinale il est désert mais un hélicoptère assure déjà les livraisons – ce ne sera pas le seul de la journée. Pas de quoi troubler la quiétude de ce lieu pour autant, c’est très calme et joli ici aussi.


Le soleil se lève doucement sur les montagnes environnantes alors que l’on poursuit notre chemin vers Îlet à Bourse. Un pont suspendu au dessus du vide permet d’observer une vasque d’eau en contrebas, mais il ne faut pas marcher trop vite dessus… ça… bouge… fort 😅. Un peu plus loin on croise à nouveau une superbe araignée « bibe » en train de tisser sa toile. Ses huit pattes exécutent une chorégraphie ultra précise pour progresser sur la structure tout en tirant de nouveaux fils de son abdomen… c’est presque hypnotisant, et beau à regarder. Encore quelques centaines de mètres et un passage dans une forêt de bambous avant d’arriver à l’îlet. Le petit snack « Chez Régis » nous tend les bras pour prendre une boisson et un très bon smoothie pour Xavier 😋.




On profiterait bien encore de la terrasse au soleil mais il faut repartir, avec à nouveau une descente et une montée (c’est déjà la 3e de la matinée), puis le début d’une grosse descente de 600m de dénivelé négatif. On passe à proximité de Grand Place « Les Hauts » puis Grand Place « École » avant de bifurquer vers Grand Place « Cayenne », où l’on retrouve un charmant snack coloré pour reprendre de l’eau et des chips. Il semblait fermé mais il suffit de sonner pour être accueilli (c’est souvent le cas). Tant qu’on y est, on mange un morceau avant d’amorcer la prochaine ascension – car oui, quand on descend autant c’est qu’il va falloir remonter 🥲.



Cela commence donc après une passerelle sur la Rivière des Galets, qu’il faut franchir un par un car elle a été fragilisée par un éboulement… ok 😬. Le soleil est de la partie et la chaleur rend l’effort plus difficile, particulièrement pour Xavier qui ne raffole pas de ce genre d’exercice.
Au bout d’une heure environ, un embranchement part vers l’îlet des Lataniers… et comme il s’agit du dernier de la journée avant notre destination finale, on y va en espérant dénicher là aussi un snack pour compléter le repas du midi. C’est bien le cas : Xavier y trouvera un sandwich, mais rien de satisfaisant pour Fabien qui finira les chips et un crumble framboise lyophilisé étonnamment bon. Le point de vue vers la vallée depuis le chemin menant à cet îlet est splendide 🤩.



À ce stade il ne devrait rester que 1h30 vers l’îlet des Orangers. Le chemin nous emmène derrière la montagne et le long de la canalisation des Orangers, le point de captage en eau courante pour les hauts de Saint-Paul. Ici la végétation change, on passe de plantes sèches à des plantes de plus en plus nombreuses et d’un vert omniprésent. Plus haut, le terrain s’assèche à nouveau à mesure que l’on se rapproche de l’objectif. Les marches, interminables, mettent à mal les muscles déjà bien sollicités 🥵. Qui les a façonnées ? À quelle époque ? On ne sait pas, mais il y en a des milliers dans Mafate.


Un ultime effort nous dévoile enfin l’Îlet des Orangers. On y est accueilli par une chèvre 🐐, puis d’autres 🐐🐐, alors que des enfants jouent au ballon dans la cour de l’école. Le panneau du camping « Ti Piton » nous invite à le suivre : c’est là que nous dormirons ce soir. Notre hôte Martel nous accueille sur son terrain à la vue imprenable sur la vallée. Il avait monté une tente pensant que nous n’en avions pas… alors après quelques minutes à contempler sa tente trempée de la veille, Xavier craque et la prend pour un supplément. Fabien, en véritable aventurier, reste fort et monte sa propre tente 😛.



Douche (chaude) et lessive faites, il nous reste du temps pour se reposer avant le repas. Il sera servi à 19h spécialement pour nous (2 jeunes randonneurs étaient présents mais avaient leur propre repas). On y retrouve les classiques riz, lentilles et piment, des brèdes et des œufs brouillés aux légumes pour Fabien, et le fameux rougail saucisses pour Xavier. C’est une fois de plus très bon – pas le temps de cligner des yeux que l’assiette de Xavier est déjà engloutie 😄. On peut se resservir à volonté et la quantité est là. Des beignets banane viendront le compléter en dessert 👌.
Notre hôte se joint à nous pour discuter, souvent avec des mots créoles qu’on ne comprend pas toujours, mais on arrive à suivre. On échangera longuement sur les conditions de vie à Mafate, la diversité de l’île et ses dangers, notamment les cyclones qui sont ici particulièrement violents de par le côté « fermé » du cirque. Les vents déchaînés peuvent soulever les pierres et l’eau, et les fracasser contre les parois et les constructions dans un bruit d’explosion 😰. Les habitants se réfugient alors dans l’école avec des réserves de survie, et doivent rester très prudents les jours qui suivent car les éboulements sont nombreux. Martel ne manque pas d’anecdotes et de moments de vie à partager.

Le ventre et l’esprit bien remplis, nous allons nous coucher vers 20h45. Demain la prochaine étape nous amènera jusqu’à Marla. ➡️
(suite…)













































